
Sur
les insistances de l'Areps, un de
nos nouveaux membres, Archy (diminutif pour Archimède), a accepté de confier quelques faits vécus dont il ne parle
jamais, obéissant, dit-il, à
une habitude de discrétion très péruvienne.
Dans son pays, " se confier, c'est se livrer ! C'est même accepter de
fragiliser son esprit…" L'histoire du Pérou, la façon dont les
envahisseurs ont traité ceux qui les avaient accueillis, ne lui donnent pas
tort. Alors… doublement merci, Archy, pour les faits relatés ici.
Nous
avons enregistré son récit, dont voici la synthèse
; des détails, précisés
lors d'une troisième entrevue, un mois plus tard,
ont été insérés dans le résumé.
Archy
a passé sa jeunesse à 3000 m d'altitude, dans un endroit tout proche des
pistes de Nazca : Vista Allegre. Son
village se constituait à l'époque
de quelques rangées de maisons aux murs épais.
Son entourage humain : des personnes à la vie
rude, coupées de la
civilisation urbaine, de ses facilités comme de ses nuisances ; des personnes
fermées, secrètes, tout naturellement portées à la spiritualité...
"ils ne connaissent pas le mot "philosophie" mais ils vivent la
sagesse", déclare Archy, qui lui-même fait passer avant tout ses
motivations spirituelles (et est connu dans son quartier d'Ixelles pour une générosité,
un sens de l'hospitalité hors du commun).
Tout
petit déjà, il appréciait beaucoup d'admirer le ciel nocturne, la voie lactée,
visible comme nulle part ailleurs, les
étoiles filantes, si rares chez nous. Parfois, avec un peu de chance et de
patience, il voyait une de ces étranges "étoiles" remonter
brusquement vers le ciel ou tracer de longs et rapides
zigzags dignes de Zorro ! On y était habitué… tout en appréciant.
Nazca
est un endroit qu'Archy définit avant tout comme magnétique. Il se souvient du
récit d'un ancêtre, racontant comment, dans sa jeunesse, des nuages
apportèrent la mort dans une petite ville voisine : la pluie, en tombant
dru sur un sol totalement fossilisé, finit par détacher des petites boules
dont les entrechoquements allumèrent des incendies dans les fourrés tout secs,
à la façon des silex utilisés pour faire jaillir les premières étincelles
d'un feu. Le sol de la région, couleur marron, est connu pour sa richesse en
minerais ; sous cela, une couche de sédiments plus clairs (argile, sable, résidus
marins) a permis la création durable des agroglyphes géants, animaux
et figures géométriques
obtenus en dégageant des éléments de la couche supérieure.
Archy
jouait à l'entrée du désert avec
"ce que la nature lui proposait" :
lézards, scorpions, araignées…
et "quel plaisir de gagner de temps en temps un dollar grâce
à ces occidentaux bizarres" qui
appréciaient les trouvailles
des enfants : morceaux de tissus et de céramiques, ossements…
bon chercheur, il eut droit, comme d'autres gamins, à une des petites
radio que ces étrangers "généreux" laissèrent aux débrouillards qui leur ramenaient de belles prises. Ces "mirifiques
cadeaux" permirent aux enfants de Nazca d'écouter, des heures
durant, des musiques extrêmement
variées : en fait, des musiques venues des 4 coins du monde. Car, chose étrange,
avec ces radios portatives, on ne captait pas le Pérou
mais on recevait sans grands problèmes des émissions venues d'Europe,
d'Amérique du Nord, du Japon...
Il en
résulta un vocabulaire et une prononciation bien particulière chez les jeunes
gens de l'endroit... qui disaient "O.K" et "Ja" et qui
furent considérés comme des êtres
insolites quand ils devinrent
assez grands pour aller étudier à Lima. "Mais d'où vous venez ? !"
Et de là à les traiter d'extraterrestres... il n'y avait qu'un pas. On
s'habitue, dit Archy avec la
philosophie qui caractérise ses proches. A Lima, il comprit aussi que les
généreux farfelus étaient
des archéologues et des trafiquants qui
avaient exploité sans vergogne la troupe des gamins
C'est
en étudiant dans la capitale qu'il réalise à quel point le décor si familier
de Nazca est en réalité une curiosité mondiale et une énigme
passionnante. Il s'interroge aussi. Il se souvient aussi de ses plus jeunes années,
lorsqu'il trouvait tout normal, mais tellement motivant, de rechercher dans le désert
des endroits bien particuliers où se blottir et passer de longues heures en
dehors du temps... des endroits, où l'on ne ressentait ni le chaud ni le froid,
et qui n'étaient pas
toujours les mêmes ; ils se repéraient au fait que soudain la musique de la
petite radio s'arrêtait tandis que le vent, ses tourbillons si familiers, cessaient totalement ; "on s'installait dans cette sorte
de bulle hors temps ; vous ne pouvez pas imaginer la paix... la paix était
tellement grande ! "
Ainsi,
la petite bande de gamins, au temps de sa première jeunesse, à la moindre
occasion, quittait le village de
bon matin, avec l'espoir de ramener "des petites trouvailles"
aux chercheurs, mais privilégiait toujours les endroits magiques qui
devenaient des paradis ; " il n'était pas question de rentrer avant 6 ou 7
heures du soir quand on avait trouvé un endroit comme ça. On était tellement
bien ! On dormait… On se réveillait enfin, ramené par un bruit quelconque,
comme un des rares camions sur la piste, et on rentrait ; on n'avait pas mangé
; on n'avait pas faim... "
Chose
bien particulière, dans ces endroits privilégiés, " on pouvait voir plus
haut que le ciel"... Le ciel là-bas
présente des dimensions
majestueuses, mais les endroits en question étaient encore bien différents
; on y voyait comme une extraordinaire
profondeur de l'espace, rien de
comparable avec les visions et impressions
habituelles ; il y avait une
"ouverture", un effet qui ne se retrouvait nulle part
ailleurs. "Un ciel anormalement haut"… L'effet du magnétisme
? A cette supposition, Archy répond en insistant sur un fait :
le phénomène ne se reproduisait pas
dans le même endroit : il fallait chercher ces lieux
qui se signalaient par une absence totale de vent.
Et il répète : "Il n'y faisait ni chaud ni froid". Le plaisir
était devenu tel que les enfants n'allaient plus trotter dans le désert pour dénicher
les petits objets habituels mais uniquement dans l'espoir de trouver "un
endroit " et d'y dormir comme des bienheureux.
Les parents ont fini par s'en rendre compte et ont pris peur. Eux qui, à
l'époque, ne lisaient pas la presse, n'avaient pas la télévision et n'écoutaient
pas la radio, avaient, comme le
fait remarquer Archy, une opinion
bien intéressante à considérer : pourquoi disaient-ils "il ne faut pas
aller là-bas ! Un jour, les Gentils vont
vous prendre". Archy ajoute un commentaire : même
si on les appelle " les Gentils",
ces êtres qui ne sont pas d'ici, et même si les anciens affirment
qu'ils ne sont pas originaires de
ce monde et attendent leurs frères des étoiles,
qui donc accepterait de bon cœur de ne plus voir rentrer ses enfants, un
beau soir ? On leur dit bien d'être gentils... comme les Gentils... ! et même
parfois : "si tu es méchant, les
Gentils ne voudront pas de toi"…mais de là à chercher l'événement !
Car on se racontait aussi,
entre mamans inquiètes, que
tel enfant très intelligent
pourrait bien un jour
"partir"... ou inversement, on se consolait de la lenteur d'un petit
dernier : celui-là au moins, il n'intéresserait jamais les Gentils ! Ainsi,
longuement sermonnés, les enfants qui couraient à la recherche des petits
paradis ont pris peur et ont obéi.
Voilà
venu, bien évidemment, le moment de demander si vraiment des disparitions ont eu lieu. Archy répond que oui. Lui-même,
maintenant, ne laisserait pas ses propres enfants courir à la chasse au
paradis, comme il l'a fait pendant
toute sa petite enfance ! Et il évoque aussi, brièvement,
le cas de parents désespérés par des disparitions, qui se sont mis un
beau jour à sourire… et ont expliqué avoir eu ensemble, dans la même nuit,
la vision des disparus leur confiant à quel point
ils étaient bien, dans un
univers différent d'où ils ne reviendraient pas. Evidemment, à travers les
rideaux du temps et de l'éloignement, il est difficile de démêler valablement
de tels éléments ; mais de ce que notre ami raconte reste un climat bien
particulier et la certitude de sa sincérité.
Venons-en
maintenant au " phénomène" extraordinaire …Pour bien suivre le récit,
il faut tenir compte du plan des lieux. La maison, comme la plupart des
constructions de l'endroit, présente des murs extérieurs épais de plus
de 50cm. Fait très important : il existe une découpe dans le toit, contiguë
à la chambre où commença l'événement. Nous sommes en 1969 ou 1970,
octobre ou novembre, après
22 heures.
La
lumière devient très intense dans toute la maison.
La maman s'éveille et s'y
trompe d'abord quelques instants, rappelant
à l'ordre ses garnements qui
selon
elle
n'ont pas éteint avant de s'endormir... mais il ne lui faut pas longtemps pour
réaliser que cette lumière, si forte, d'un jaune orange, comme dorée et non
éblouissante, n'a rien d'habituel. Voilà
les deux frères bien éveillés, stupéfaits... et bientôt effrayés par les
appels maternels. Car la mère,
dans la chambre qu'elle partage avec sa fillette, vient de voir que
l'enfant flotte au-dessus du matelas. Bel et bien
en suspension dans l'air, horizontalement, à un mètre de hauteur
environ... sans mouvements, sans réactions, comme
endormie ou inconsciente, et le corps
se dirige très lentement vers la porte. La mère
s'élance et saisit son enfant par
les pieds, hurlant " Au secours ! Au secours ! On enlève ma fille !"
Les garçons, Archy, 12 ans environ, et son frère, dans les 14 ans, débouchent
près des deux personnes,
ils s'accrochent de toutes leurs forces aux jambes de la petite pour
retenir le corps en lévitation. Archy, de cette façon, n'a pas observé le
visage de sa sœur. La traction est
forte et la lumière est chaude, mais pas brûlante. (Pour préciser, Archy réfléchit,
tâte le radiateur qui est près de sa chaise et compare; c'est à peu près
cela, comme ce
radiateur bien chaud.) Le corps sort de la chambre, continue son trajet,
toujours à l'horizontale, toujours retenu
par trois personnes affolées. Archy se souvient qu'au moment où ils
sont arrivés dans la salle à manger, il tenait un des deux pieds.
Puis le corps tombe brusquement,
freiné peut-être, parce qu'il vient de rencontrer
la longue table, prévue pour une dizaine de personnes et qui était à
peu près à hauteur du corps. Il s'y dépose en quelque sorte. "On l'a sauvée",
estime Archy. Et en même temps,
d'un seul coup, la lumière si particulière a disparu. Le tout, s'il estime
bien les choses, a dû prendre 3 minutes. Aucun bruit particulier n'a accompagné
cet événement. Les
habitants de la rue n'ont pas été alertés par les cris mais il faut tenir
compte de l'épaisseur des murs et du fait que la chambre est à l'arrière, côté
jardin.
La
petite restait inerte, " comme morte".
La mère est sortie, a appelé des voisins qui possédaient
une voiture, et l'on a embarqué la victime inconsciente
jusqu'à l'hôpital le plus proche. Les examens se sont succédé, avec
les hypothèses les plus variées pour justifier cet étrange comas
qui, heureusement, a pris fin après quelques heures. Défaillance cardiaque... infection des reins…
maladie du foie... Le phénomène n'a pas été raconté au personnel médical :
la victime, une fois réveillée et en bonne santé,
ne se souvenait de rien et finit par sortir. Cela suffisait amplement au
bonheur de la mère. Il fut remarqué que la pigmentation de la fillette
avait changé : la moitié supérieure du corps était plus foncée, légèrement.
Quant
aux garçons, qui n'avaient pas accompagné la victime, ils sont tout simplement
allés à l'école le matin, sans
rien raconter. Mais chose intéressante,
ce jour-là, l'instituteur les a invités à visiter les environs afin de savoir
" où avait eu lieu cet incendie si violent qui avait été vu dans la
nuit" ! Circulant sans trouver
la moindre trace au sol,
entendant les habitants évoquer des lueurs d'incendie dans la direction
de leur maison, les deux frères
n'ont pas mis longtemps à supposer que l'incendie en question était en réalité
cette forte lumière qui avait baigné leur maison !
"Moi, j'y étais, dans ce feu... et je ne suis pas brûlé!"
pensait Archy qui n'a rien dit ; son
frère non plus ; une confidence à propos de ce phénomène extraordinaire les
aurait "beaucoup embarrassés " nous dit-il. "Et c'est secret
pour toujours"... Pas tout à fait, heureusement, pas pour nous depuis
quelques semaines. Quant à la sœur,
aucune conversation sur ce sujet n'a jamais eu lieu. Il y avait la différence
d'âge, le fait que garçons et filles vivaient très séparés... un blocage
psychologique peut-être ? Ou bien
pouvons-nous établir un rapprochement avec ces nombreux cas de témoins qui,
inexplicablement, confrontés à un phénomène ovni, se séparent sans faire de
commentaire, vont se coucher…ne parlent qu'après des années.
Il nous reste à nous interroger sur le rôle du toit découpé. Ne
peut-on supposer que c'est par cette ouverture que le phénomène s'est
introduit dans la maison? Il était peut-être "prévu" de faire
suivre à la fillette un trajet allant vers la découpe dans le toit.
L'aboutissement dans la seconde pièce serait le résultat de la résistance
familiale... Un mystère de plus !
F.C
pour l'A.R.E.P.S.